1.6.16

Episode 118: Grandir


Si Neven avait été qualifié de bruyant durant les toutes premières semaines de sa vie, ce n'était pas l'adjectif qui convenait pour Arwen. Glouton. Oui, ce bébé était un vrai glouton, et il fallait constamment lui tendre son biberon pour apaiser ses pleurs.

"Papa, veut sortir du lit!
-Oui, cinq minutes s'il te plaît, ton petit frère a très faim de matin!
-Pourquoi Arwen toujours manger?
-Ah, ça... Je crois que c'est un gourmand, qu'est-ce que tu en penses?
-Arwen très gourmand!"

Le petit garçon se leva, et se pencha au-dessus du bébé, que son père avait amené près de lui.

"Et voilà ton petit frère... Tu lui dis bonjour?"

Neven s'avança lentement, puis déposa un baiser sur la joue de Arwen, étrangement curieux face à ce bébé dont on avait fait que parler ces derniers temps. Odin reposa l'enfant dans son berceau, avant de s'occuper de son aîné.

"Allez, à ton tour mon grand! On va s'habiller, tu viens?"


Il l'allongea sur la table à langer, et lui changea la couche. S'il commençait à être propre, ses nuits n'étaient pas encore tout à fait sèches, ce qui n'avait encore rien d'inquiétant: il dormait encore dans son berceau de bébé, et ne pouvait donc pas en sortir tout seul.

Il lui chatouilla le ventre, avant de lui enfiler des vêtements propres.

"Et voilà! Tu es tout beau maintenant, tu peux aller jouer!"

Ils sortirent de la salle de bains, et Odin posa le petit garçon à ses pieds. Neven se redressa, mais, intimidé par la scène qui était en train de se dérouler sous ses yeux, il resta en retrait, accroché aux mollets de son père.

"Eh bien Neven, que se passe-t-il?"

Il leva la tête, et Odin comprit que son fils était en train d'observer Maëva qui cajolait Arwen.

"Viens, nous allons dire bonjour à maman... Tu as envie que maman te fasse un câlin aussi?"

Silencieusement, Neven hocha la tête, et son père lui prit la main pour l'emmener auprès de sa mère.


Après s'être préparée pour la journée à venir, elle avait pris Arwen dans ses bras, puis l'avait allongé sur ses jambes pour le chatouiller. Il fallait profiter de la fraîcheur matinale pour s'exposer un peu au soleil, et elle s'était assise sur le fauteuil qui se trouvait devant la maison.

Son mari arriva à cet instant avec leur premier fils, et elle leva la tête dans leur direction. Neven s'accouda sur ses cuisses, posa la tête entre ses mains, puis regarda longuement le bébé. Maëva caressa alors ses boucles soyeuses.

"Tu as bien dormi Neven? Arwen n'a pas trop pleuré?
-Non, bien dormi! Arwen pleuré juste ce matin...
-Oui, il devait avoir faim ce coquin.
-Vi."

Elle chatouilla à nouveau le cou du bébé, et Odin prit la parole.

"Je crois que Neven a quelque chose à te demander.
-Ah oui? Qu'est-ce que c'est mon chéri? fit-elle en se tournant vers son aîné.
-Je... Moi aussi je veux faire câlin, dit-il mal à l'aise.
-Oh, Neven!"


Elle tendit le nourrisson à Odin qui prit sa place, puis elle souleva Neven dans ses bras.

"Viens, on va aller faire un câlin dans le salon. Tu voudrais regarder les dessins animés?"

Le visage du petit garçon s'illumina soudainement, et il accepta avec grande joie de passer ce moment en compagnie de sa mère. Son père s'avança légèrement sur la chaise à bascule qu'ils avaient achetée peu de temps auparavant, et berça lentement Arwen, dont les yeux s'étaient ouverts.

"Eh bien mon petit, on est réveillé et on n'a pas faim? Quel exploit!"

Arwen était loin de lui ressembler, il n'avait absolument pas le même teint de peau que lui, et quelque chose lui disait que le duvet clair qui poussait sur le sommet de son crâne n'allait pas non plus ressembler aux bouclettes noirs qu'il partageait avec Neven. Qu'importe, qu'il ressemble à Maëva ou à lui-même, il l'aimait de la même façon.

Il se retrouvait à présent avec deux fils, et il avait l'impression que les nuits courtes n'étaient que le début d'une longue histoire... Lui avait grandi avec Freya, et sa nature étrange lui faisait penser qu'elle lui avait permis de s'assagir et de rester plus sage qu'un autre enfant. Qu'en serait-il pour Neven et Arwen?


A l'intérieur de la maison, on n'entendait plus un seul bruit. Maëva et Neven s'étaient installés devant la télévision, et la jeune femme avait apporté quelques tartines à déguster devant les dessins animés. Cependant, ils avaient rapidement fermés les yeux, pour continuer une nuit sans doute trop courte pour l'un comme pour l'autre.

Il avait fallu se lever plusieurs fois pour nourrir Arwen, et même si Neven ne l'avait pas avoué, il lui était arrivé d'être réveillé par les petits couinements de son frère dans la pièce d'à côté.

Elle se renversa contre l'accoudoir du canapé, et installa confortablement son fils contre elle.

"Tu es bien là mon chéri?
-Tu sens bon maman!"

Elle caressa le sommet de son crâne, puis son dos et ses bras. Apaisé par ce contact, il s'endormit rapidement, et Maëva ne tarda pas à le suivre au pays des rêves. L'arrivée du bébé les avait beaucoup fatigués, d'autant plus qu'il fallait redéfinir les places de chacun au sein de la famille, et ce n'était pas facile, surtout pour Neven. Il n'y avait cependant pas de raisons pour que ce changement se passe mal.


Le travail d'Odin lui permettait d'avoir jusqu'à trois jours de congés par semaine, et même encore davantage maintenant qu'il était père de deux enfants en bas âge. Dès qu'il pouvait rester à la maison, les deux parents essayaient de se répartir la journée de façon équitable entre chacun des deux enfants. Neven comprenait que le bébé n'avait absolument pas pris sa place, et il l'avait accepté en tant que petit frère.

La promenade était l'un de leurs moments favoris. Dès qu'il faisait assez beau pour sortir la poussette, la jeune maman sortait en balade avec Neven, toujours très curieux du monde qui l'entourait.

"Où as-tu envie d'aller aujourd'hui?
-La plage!
-Encore! Mais nous y sommes allés hier, tu t'en souviens?
-Oui, mais encore! J'aime la plage! Oh s'il te plaît maman!
-D'accord, d'accord! Alors, c'est parti! Direction la plage!
-Ouiiii! Plage!"


Il y avait peu de monde sur la plage, et elle put garer la poussette à l'abri des rayons du soleil, sous quelques feuilles de palmiers. Neven tendit les bras, et elle l'attrapa pour le sortir de là.

"Alors, qu'as-tu envie de faire? Est-ce qu'on va jouer dans le sable, ou dans l'eau?
-Dans l'eau, dans l'eau!"

La question n'avait même pas besoin d'être posée, elle savait très bien que son fils adorait l'eau, et qu'il s'agisse de la piscine ou de la mer, il ne voulait pas rater une seule chance d'aller se baigner. Elle se demandait s'il n'allait pas bientôt apprendre à nager, tant ses mouvements semblaient naturels et à l'aise dans l'eau.

"Bien, alors je vais me mettre en maillot de bains, puis je vais t'enlever tes vêtements. On les laissera dans la poussette, et on les retrouvera tout à l'heure."

Elle se changea, et déshabilla Neven. Quand elle le posa sur le sol, il voulut se précipiter vers les vagues, mais elle se retint juste à temps.

"Héhé mon grand! Tu attends, tu sais bien que tu n'as pas le droit d'aller dans l'eau tout seul, c'est dangereux!"


Quand elle eut rangé leurs affaires, ils purent enfin aller dans l'eau. Le soleil était bien présent, mais la peau foncée du petit garçon n'avait besoin d'aucune protection solaire, d'autant plus que la peau des habitants de l'île était totalement immunisée contre les blessures que le soleil pouvait leur infliger. Lorsqu'elle eut de l'eau jusqu'aux genoux, elle trempa le bout des pieds de l'enfant, qui ne cessait de gigoter dans tous les sens.

"Encore! Encore!
-Doucement! Tu sais bien qu'il ne faut pas entrer dans l'eau avec précipitation. Laisse ton corps d'habituer à la température, laisse l'eau venir jusqu'à toi..."

Il était cependant beaucoup trop impatient pour écouter les conseils de sa mère, et ses mains battaient l'eau à une telle vitesse, qu'ils étaient déjà tous les deux trempés jusqu'aux os, alors que les vagues n'allaient pas plus haut que leurs cuisses.

"Tu es un sacré petit fripon toi!
-De l'eau! De l'eau!
-Oui, allez va! Dans l'eau jusqu'au ventre!"

Il poussa un petit cri aigu, quand l'eau vint lui lécher le nombril: le premier saut était toujours le plus surprenant!


Elle le fit sautiller sur le bord de mer durant un bon moment, ce qui lui permettait de faire travailler les muscles de ses jambes.

"Encore! Encore! ne cessait-il de répéter à chaque fois que Maëva s'arrêtait de le lancer en l'air."

Elle le posa tout au fond de l'eau, et il se hissa naturellement sur la pointes des pieds pour ne pas couler. La surface de l'océan lui arrivait exactement sous le menton, et la jeune femme continuait de le tenir en dessous des bras, pour qu'une vague inattendue de l'emporte pas.

"Comme tu es grand maintenant! Regarde tu arrives à toucher le sable!"

Il sentit ses orteils se rétracter au contact du sable mouillé, et il sauta en levant les bras vers le ciel/

"Je suis fort!
-Oui, très fort! Je crois bien que tu es le petit garçon le plus fort de toute l'île!"

Mais le poids de l'enfant commençait à se faire sentir sur les bras de sa mère, qui n'avait pas l'habitude de soulever un tel poids aussi souvent, et de façon aussi rapprochée. Malgré l'insistance de son fils, elle cessa de le soulever en l'air, et ils se mirent à barboter de façon plus calme.


Elle retourna le petit garçon sur le ventre, et il pataugea tranquillement, essayant d'imiter les mouvements de bras et de jambes d'un vrai nageur. Il avait longuement observé son père depuis la plage, et son imitation était presque parfaite. Il ne manquait plus que la force et la persévérance, avant qu'il ne sache vraiment nager.

Nager était presque inné sur l'île. Le continent n'étant pas très grand, et les maisons très proches de l'océan, il était tout naturel pour quiconque habitait par ici de savoir nager dès son plus jeune âge. Neven ne faisait pas exception à la règle, et les nombreuses séances de natation en compagnie de sa mère l'aidait à mieux maîtriser cette discipline, qui pouvait se révéler ô combien difficile auprès de ceux qui ne grandissaient pas dans le même environnement.

"Quand papa te verra nager tout seul, il sera bien surpris! l'encouragea-t-elle.
-Papa fort! Papa bien savoir nager!
-Oh oui! Papa aussi a grandi sur une île tu sais.
-Comme maman!
-Oui, mais ce n'était pas la même!
-Non, papa grandir avec les loups et les fleurs!
-Oui, c'est un peu ça, rit-elle."

Odin et elle avaient été d'accord pour ne pas lui cacher l'existence de sa tante Freya, ni du fait qu'ils venaient de deux milieux différents. Cela ne ferait que renforcer sa tolérance et son ouverture au monde.


Ils rentrèrent au beau milieu de l'après-midi, alors que leurs voisins commençaient à envahir la plage. Maëva n'aimait pas trop la foule, elle préférait se retrouver seule en compagnie de sa famille, plutôt que d'être entourées de personnes à qui elle n'avait pas forcément envie de parler.

Le temps d'arriver à la maison, et l'eau de mer avait déjà séchée, déposant sur leur peau quelques grains de sel. Pour Neven, la séance aquatique n'était pas encore terminée: il fallait maintenant prendre un bain et bien se laver, afin d'éliminer tous les dépôts que la mer aurait pu coller à sa peau.

Odin vint à leur rencontre, et prit son fils sur ses épaules.

"Au bain fiston!
-Maman aussi doit se laver!
-Oui, j'arrive dès que j'aurai rangé nos affaires! lui dit-elle en pliant la poussette."

Elle déposa ensuite leur sac dans un coin du salon, et les retrouva dans la salle de bains. Elle fit couler de l'eau chaude, un peu de produit moussant, et plongea dans la baignoire, munie d'une éponge naturelle, qu'Odin avait une fois ramenée de la plage. La sensation de l'eau bouillante sur son corps était l'une des meilleures qu'elle ait connue, surtout après une baignade rafraîchissante.


La jeune femme avait trouvé le courage d'en parler à son mari, et Odin avait été d'accord avec elle: deux enfants, c'était bien assez. Ils les aimaient tous les deux l'un autant que l'autre, mais ils ne pouvaient pas se permettre d'en avoir un troisième, étant donné la taille de la maison et leurs revenus. Ils se sentaient bien à quatre. Maëva s'était donc chargée de se rendre au centre de l'île, pour mettre un terme officiel à leur période de procréation: ils n'avaient donc plus accès aux lits de reproduction, ce qui signifiaient qu'ils ne pouvaient plus faire d'enfants. En théorie.

"Odin... Comment allons-nous faire, pour... Enfin, tu sais bien. Nous ne sommes plus sensés être capables d'avoir des enfants, mais nous...
-C'est un peu gênant, en effet... J'imagine que tu ne peux pas débarquer au centre et demander une préparation contraceptive.
-Une quoi?
-Une recette, pour ne pas avoir d'enfants...
-Oh, je ne savais pas que ça existait. Mais, non, même si c'était possible, ce que nous faisons n'est pas très légal, alors..."

Le jeune homme marqua une pause, avant de reprendre.

"Je pourrais peut-être me procurer cette recette.
-Vraiment?"


Maëva s'était tournée vers lui, le regard plein d'espoir. Elle avait un instant cru qu'ils allaient devoir arrêter les câlins intimes, et elle savait qu'elle y avait pris goût, et qu'elle le pourrait plus se contenter d'une relation platonique avec son mari.

"Oui, tu sais... Je crois que mon arrière-grand-mère était une guérisseuse très réputée dans le village, et ma mère m'a une fois parlé d'une petite poudre qui permettrait aux femmes de ne pas avoir d'enfants.
-Est-ce fiable?
-Je ne saurai pas te répondre, comme tu dois t'en douter je n'ai jamais eu à m'en servir. Mais je crois que ça marchait vraiment.
-Tu pourrais... demander à ta mère?
-On n'en aurait même pas besoin, la recette doit être inscrite quelque part dans les bouquins de ma famille. Mais il faudrait sans doute lui demander, pour être certain de bien préparer cette mixture."

Elle hocha la tête, puis le laissa partir au travail. Cette discussion leur resta longtemps en tête, car ils revenaient petit à petit à la réalité: leurs enfants étaient nés de pratiques proscrites par les coutumes de l'île. Ce n'était pas clairement inscrit dans la loi qu'il était interdit d'avoir des rapports physiques avec quelqu'un, mais jamais personne depuis des siècles n'avait osé le faire, en raison de la récente technologies, et des soit-disant douleurs infligées à sa partenaire... Oui, personne ne le faisait plus. Du moins, pas entre hommes et femmes...


Ils se retrouvèrent en fin de journée sur un côté de la plage peu fréquenté. Azalée était passée à la maison pour garder les garçons, ce qui leur permettait de prendre leur temps.

"On fait un tour? demanda Odin en lui tendant un aéropropulseur.
-Oh, tu sais bien que je ne suis pas vraiment à l'aise avec ça...
-Mais tu ne risques rien, je suis là.
-S'il fonctionne mal, tu crois vraiment que...
-Bien sûr! Je te rattraperai. Je serai toujours là pour te rattraper, si tu tombes."

Son regard pénétra le sien, et elle se laissa finalement convaincre. Ils enfilèrent chacun un aéropropulseur, et alors que Odin s'envolait déjà à toute vitesse pour s'échauffer, Maëva peinait déjà à décoller.

"J'ai peur!
-Je suis là, tu vois bien."

Il était arrivé doucement derrière elle, et il la prit par la taille.

"Ne me lâche pas surtout!"

Ils s'élevèrent un peu plus en direction du ciel, l'un contre l'autre.



Elle passa les bras autour de son cou, pour être sûre qu'il ne puisse pas la lâcher. Elle se détendit au fur et à mesure qu'il les faisaient valser, et elle profita de la vue qu'une telle hauteur leur offrait. L'occasion semblait idéale pour avoir une conversation sérieuse...

"Odin...?
-Oui?
-Est-ce que tu crois... Qu'on saura la vérité, un jour?
-A propos de l'île?
-Oui. J'ai encore du mal à croire qu'on ait pu nous mentir... Il y a tant de choses sur lesquelles je doute à présent. Je ne comprends pas que personne d'autre ne s'est posé de questions avant moi.
-Parce que je suis arrivé, et que je t'ai aidée à comprendre certaines choses.
-Mais tu n'es pas le seul étranger à être venu ici. Je le sais, j'ai eu l'autorisation d'aller dans les archives une fois... Et je l'ai lu dans un livre.
-Comment se fait-il que tout le monde se ressemble alors?
-J'imagine... J'imagine que les étrangers finissent pas être envoyés dans des colonies.
-Tu crois...
-Je ne sais pas. Je ne fais que des suppositions, peut-être ai-je tort.
-Ce que tu dis ne me semble pas du tout illogique, après tout... Et tes parents, à quoi ressemblaient-ils?
-Oh, rien de très différent de moi tu sais."


"Des cheveux clairs, des yeux aussi bleus que les miens... La peau légèrement mate.
-Vous vous ressemblez tous.
-C'est ce que tous les étrangers disent de nous. Mais il y a des détails qui diffèrent selon les individus.
-Comme?
-La forme du nez. La couleur des yeux, certains les ont plus clairs ou plus foncés. La taille, la corpulence, quand on fait bien attention, c'est évident que nous ne nous ressemblons pas. Il faut aller plus loin que ce que les premières impressions peuvent être.
-Je vois... Je me demandais, tu crois qu'on va m'envoyer dans une colonie? demanda-t-il soudain soucieux.
-Oh, je n'espère pas...!
-Après tout, je suis différent. Je n'ai pas ma place ici, selon ce que tu me dis.
-Je ne les laisserai pas faire... Je ne les laisserai jamais nous séparer!"

Elle plongea des yeux tout à coup brûlants dans son regard noir, il ne l'avait jamais vue aussi déterminée.

"Tu m'as appris tant de choses, grâce à toi j'ai pu ouvrir les yeux et découvrir que la vie ne se résumait pas à de simples coutumes, et que l'on pouvait choisir nous mêmes notre destin, au final... C'est ça que je veux pour nos enfants, Odin. Je ne veux pas les laisser entre les mains d'une puissance supérieure."


Il la fit lentement tournoyer dans les airs, réfléchissant à ce qu'elle venait de dire.

"Je suis d'accord avec toi, mais... on ne sait même pas où chercher.
-On trouvera. J'ai... J'ai quelques endroits en tête, où nous n'avons pas vraiment le droit d'aller en temps normal. Peut-être qu'on pourrait y trouver des indices.
-C'est possible, même si j'ai l'impression que c'est plus compliqué que ça.
-Sans doute, mais c'est mieux que rien tu ne crois pas?
-Assurément. Le tout sera de rester discret, j'imagine..."

Maëva acquiesça en soupirant. Toute cette histoire était loin d'être terminée, elle ne savait même pas s'ils réussiraient à la commencer un jour. Elle avait peur. Elle avait toujours grandi avec cette idée qu'ils étaient en sécurité sur l'île, que leur vie était tracée et que tout était pour le mieux ainsi, mais maintenant, elle savait que c'était faux. Quand Odin avait brisé ses premières barrières, elle avait su que le reste suivrait, et qu'elle cesserait de croire en ses coutumes, en son île natale.

"Peut-on redescendre s'il te plaît...? demanda-t-elle doucement."


"Bien sûr..."

Il régla le moteur de l'aéropropulseur, et ils perdirent peu à peu de l'altitude. Quand ils touchèrent à nouveau le sol, la jeune femme sentit un sentiment de soulagement l'envahir. Cette petite escapade ne lui avait pas déplu, mais elle n'était pas prête à le faire tous les jours.

"Et voilà madame... Vous voilà redescendue sur terre.
-Merci monsieur, vous êtes bien charmant...
-Nous osons espérer que la ballade vous a fait du bien, et que vous reviendrez, répondit-il avec un sourire."

Elle caressa ses lèvres du bout des doigts, et forma un oui silencieux avec sa bouche. Le ciel était devenu légèrement gris et rose, le soleil se couchait derrière une importante couche de nuages. Elle jeta un coup d'oeil derrière eux, il n'y avait personne. La plage était totalement déserte.

"A quoi penses-tu...? demanda Odin en voyant son regard distrait."


"Moi? Oh, euh..."

Ses joues prirent une teinte légèrement rouge, et elle ne sut plus où se mettre.

"A rien de bien particulier... ajouta-t-elle en se raclant la gorge."

Il la scruta durant quelques minutes, ce qui lui permit immédiatement de deviner ses pensées: il lui était impossible de cacher volontairement quelque chose bien longtemps à son mari.

"Tu as honte? demanda-t-il.
-Non, pas vraiment... Mais si quelqu'un nous voit...
-A cette heure-là, je ne crois pas qu'on prenne beaucoup de risques. C'est pas toi qui commençais à aimer le risque...? lui susurra-t-il.
-Mmhm... Si..."

Ils vérifièrent une dernière fois que personne ne les épiait, et ne purent résister à l'envie de partager un moment d'amour sur la plage...


8 commentaires:

  1. Ils prennent des risques là :p

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    1. que serait la vie sans piquant XD

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  2. ouuuh, les jolis petits cœurs 8)
    Cette petite famille est vraiment trop mignonne *^*
    Bon, on dirait qu'ils sont enfin décidés à en savoir plus sur l'île, ça fait je ne sais combien de chapitres que j'attends la même chose moi :3

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    1. ah je suis désolée pour l'attente (mais tu fais pareil haha!), en plus ça va s'étendre sur pas mal de temps tout ça! :)

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    2. Cool ! La lecture va durer plus longtemps alors ! :)Mais c'est vrai, comme dit Mae Leo, je me demandais quand ils allaient commencer à essayer de résoudre cette énigme ! :)

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    3. ça ne sera pas facile, mais ça viendra ^^

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  3. Aîe... J'ai un mauvais pressentiment, là... Ca sent les ennuis...

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